chronique du monde habituel – la fin des temps

Il est tellement plus difficile de compter jusqu’à « trois »
Quand on regrette déjà ce qui s’est passé.
Il n’y a plus d’avenir pour ceux qui s’aiment.

La pire chose qui puisse lui arriver,
C’est d’être encore en vie et de stagner,
Cette princesse aux milles charmes,
Cette princesse aux illusions perdues.
Encore une dose de patience supplémentaire,
Encore une pilule pour mieux dormir sans conscience.

Elle préfère faire semblant d’être heureuse,
Elle ne fait qu’éviter de croiser les regards dans la rue,
Elle ne fait qu’éviter de parler pour rester dans son monde féerique de [seringues.
Juste une dose de patience supplémentaire,
Une pilule pour oublier son amour-propre,
Dans ce putain de documentaire sur la race humaine.
La petite princesse est trop isolée,
Marion, suspends le cours du temps !
Personne n’a droit, personne ne peut.
Qu’attends-tu quand tu te piques ?
Qu’est-ce que tu espères ?

Et aujourd’hui dans cette centrale électrique,
Tu te dis que finalement il n’y a plus rien à voir,
Il n’y a plus rien à croire.

Tu attends depuis déjà trop longtemps mais en vain,
Rien ne sert d’attendre, plus rien n’arrivera,
Toute cause est désespérée, toute cause est perdue d’avance.
Petite Cendrillon songe à s’en aller rejoindre l’Eternité et ses anges.

La dernière dose pour l’impertinence supplémentaire,
Une pilule pour ne plus rien regretter et partir sans se retourner.
Partir est une voie pour espérer,
Partir parce que les beaux jours sont devant
Et que les mauvais nuages vont passer.