un monde suffisant

Le vent emporte tout sur le rivage,
Les embruns, le sable et des débris de navires,
Le vent coloré et frais, parfumé et secret.
Il reste seul à parcourir des heures
Et voyage, fuis, court le monde en travers
Tel un enfant maladroit.

Le temps emporte tout sur son passage,
Les refrains invariables et des débris de souvenirs,
Le temps glacé et prêt, chaleureux et parfait.
Il reste seul à mourir des heures
Et partage, minuit, transmet et sonde au travers
Des enfants de parfois.

Le sang emporte toutes les images,
Des gamins, des fables et des débris de sourires,
Le sang blessé et fait, idéal et mauvais.
Il reste seul à ressentir le deuil des heures
Et, très sage, accompli, coule et inonde à travers
Pour les enfants sans voix.

L’évident emporte tout sous les nuages,
Des humains, stables et des débris de désirs,
L’évident redouté qui sait, redoublé et concret.
Il reste seul à souffrir de son malheur
Et il nage, il dit, il plaint le monde à travers
Vos enfants de bois.